Un an après les violents affrontements à Sainte-Soline, les dissensions sur la pertinence de ces « retenues de substitution » persistent. La construction des réservoirs d’eau pour l’irrigation des terres cultivées divise les syndicats agricoles et les défenseurs de l’environnement ainsi que certains agriculteurs. Les partisans mettent en avant la nécessité de sécuriser la production alimentaire, tandis que leurs détracteurs dénoncent une utilisation excessive des ressources hydriques au profit du productivisme.
Les manifestations contre le projet d’un gigantesque réservoir à Sainte-Soline ont culminé dans des affrontements violents entre manifestants et forces de l’ordre, marquant ainsi le sommet du conflit. Des images évoquant une véritable bataille ont choqué des millions de Français.
La construction de « mégabassines » est au cœur d’une vive polémique en France, illustrant un conflit profond entre intérêts économiques et protection environnementale.
Célébration et engagement
Dans un an, le gouvernement redoute l’anniversaire d’une journée traumatisante. Le collectif Bassines non merci prévoit de célébrer cette journée en organisant des rassemblements dans toute la France et des « commémor’actions » autour de Sainte-Soline entre le 22 et le 31 mars. Les syndicats majoritaires des agriculteurs ont obtenu des victoires concernant les projets de stockage d’eau, ce qui inquiète davantage le gouvernement. Ce dernier a promis de réduire les délais de recours et de contentieux contre ces installations dès le mois d’avril, malgré les contestations en justice.
La signification vague
Les partisans des retenues d’eau les justifient par le besoin de stocker l’excès d’eau hivernale pour pallier au manque estival. Ces réservoirs, appelés « mégabassines », suscitent toutefois la critique en raison de leur grande taille et du fait qu’elles sont principalement remplies par pompage des nappes phréatiques.
Challenging to quantify
Il existe aujourd’hui un nombre complexe de mégabassines dont les critères de définition restent flous. Elles sont principalement concentrées autour des surfaces agricoles irriguées, représentant environ 7 % de la surface agricole utile totale en France en 2020. Ces projets se développent dans des territoires où l’usage agricole de l’eau est important et sont financés à 70 % en moyenne par des fonds publics.
Les conséquences sur l’environnement et leur pertinence face à l’objectif d’adaptation de l’agriculture au changement climatique sont complexes à évaluer. Les retenues de substitution peuvent aider certaines exploitations agricoles à assurer leur production tout en préservant le débit estival des rivières à court terme, mais elles ne sont pas viables face à l’intensification du changement climatique selon plusieurs scientifiques.
En effet, la probabilité d’avoir des hivers plus secs augmente, ce qui pose un problème économique pour ces projets. Moins on stocke d’eau, moins on rentabilise les coûts de construction et de fonctionnement qui se chiffrent en millions voire en dizaines de millions d’euros. De plus, cela pourrait accroître la vulnérabilité des cultures dépendantes des retenues.
