écoute

Les 6 attitudes d’écoute de Porter : tout savoir

A LA UNE RH & Management

Elias PORTER (1914-1987), un collaborateur de Carl Rogers, a développé la typologie des attitudes qui vise à valoriser la personne non directive. Ce type d’individu est capable de montrer une compréhension de l’expérience émotionnelle sans essayer de conseiller, de suggérer, d’émettre des avis ou d’enquêter sur les motivations ou des contradictions. Cette attitude se révèle nécessaire pour améliorer les relations interpersonnelles. Découvrez en détail les 6 attitudes de PORTER.

1-     L’attitude Évaluation-jugement sur autrui

L’attitude d’évaluation d’autrui consiste à émettre un jugement, positif comme négatif, provenant de notre propre système de valeurs : « c’est encourageant » « c’est mauvais » « je pense que… » « À mon humble avis ». Elle nous érige en juges et positionne notre interlocuteur à la place de l’accusé. Notre jugement peut être émis sur les faits, sur une situation ou sur la personne même.

Si notre jugement est positif, notre interlocuteur peut se sentir valorisé. Mais, s’il est négatif, il peut se sentir dévalorisé. Dans ce cas il peut avoir des réactions négatives ou violentes. Il peut aussi ressentir le besoin de se justifier ou un sentiment de dépendance ou de culpabilité. C’est pourquoi il est conseillé d’essayer de donner un jugement le plus factuel possible.

2-     L’attitude d’interprétation sur autrui ou art de l’herméneutique

L’attitude d’interprétation sur autrui consiste à donner une explication sur ce que nous avons entendu en donnant des suppositions, des hypothèses et des mots différents. Notre interprétation se base sur notre propre système de valeurs : « si tu as prononcé cette phrase, c’est parce que… » « Je sais pourquoi tu cherches à me donner une explication sur le sujet » « en réalité, je comprends que… ».

L’effet positif de l’attitude d’interprétation est le sentiment d’être compris. Mais, si l’interprétation est fausse, les effets négatifs de cette attitude sont multiples : irritation, blocage, étonnement, sentiment de ne pas être compris, désintérêt, etc.

3-     L’attitude de soutien et de relation d’aide

L’attitude de soutien et de relation d’aide consiste à faire preuve de compassion, d’écoute, de réconfort et d’aide envers l’autre. Dans ce cas, l’interlocuteur considère son accompagnant comme une béquille : « ce n’est pas grave… » « Calme-toi ! Il existe une solution à ton problème » « si j’étais à ta place… » « Si j’étais toi… »

Aux coachs professionnels et aux responsables des ressources humaines, il est déconseillé de soutenir en continu l’autre, car cela peut développer un sentiment de dépendance ou de relation fusionnelle. Ils doivent faire preuve de vigilance. L’effet positif de cette attitude, c’est que l’autre se sent soutenu. Les effets négatifs sont la dépendance, le refus de prendre des responsabilités ou une surprotection.

4-     L’attitude d’investigation ou d’enquête

Une personne qui adopte une attitude d’investigation est qualifiée d’inspecteur, d’enquêteur et parfois même d’inquisiteur. Elle exerce sur l’autre un pouvoir et une autorité : « il faut que… » « Tu dois absolument… » « Quand ? » « Pourquoi ? »

Cette attitude permet aussi de bien comprendre le problème et d’élargir le champ des recherches. Si l’enquête est neutre, l’interlocuteur se sentira aidé. Ainsi, il pourra mieux expliciter son problème. Mais, cela peut ressembler à un interrogatoire. L’interlocuteur peut se sentir pressé ou manipulé.

5-     L’attitude « orientée solutions »

Ce type d’attitude consiste à donner, voire exiger une solution à l’autre, sans le laisser réfléchir. Il l’avantage de résoudre un problème ponctuel. Cependant, il réduit l’autonomie de l’autre. Ce dernier peut se sentir lésé. Il a l’impression de choisir cette solution même si elle ne résoudra pas son problème. Cela entraine une perte d’autonomie.

6-     L’attitude de compréhension ou empathique

L’attitude de compréhension est très utilisée dans les métiers de l’accompagnement, de coaching, de psychothérapie ou de relation d’aide. Elle consiste à faire preuve d’empathie. Ici, celui qui écoute exprime simplement ce qu’il a compris des idées et des sentiments de son interlocuteur. Il ne présente aucune interprétation.

L’attitude de compréhension permet d’avoir une discussion fluide. Elle permet aussi d’approfondir la discussion, sans chercher à trouver une solution. « Selon toi… » « Je vois que… » « Tu dis que tu ressens du chagrin… » « D’après toi… » Dans ce cas, l’interlocuteur se sent libre de parler.

Les effets positifs d’une attitude de compréhension sont : la confiance en soi, la prise de responsabilité, la liberté d’expression, la communication authentique, l’élucidation, l’autonomie, etc. En revanche, si cette attitude est mal comprise par l’autre, elle peut présenter des effets négatifs tels que : être un faux ami, manipulation mentale, etc.