La Banque des Territoires, bras financier de la Caisse des Dépôts, a fortement soutenu les collectivités locales et les entreprises en 2023. Elle a accordé 1,6 milliard d’euros de prêts et investi 186 millions d’euros en fonds propres pour faire face à la crise immobilière et accompagner la transition énergétique. Son engagement s’est concentré sur le logement social, la réindustrialisation ainsi que sur les enjeux de transition énergétique et écologique. Ces actions ont été particulièrement intenses dans la région Auvergne-Rhône-Alpes.
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Soutien aux bailleurs sociaux dans la crise immobilière
La crise du logement social en Auvergne-Rhône-Alpes a fortement impacté les collectivités locales et les départements, notamment à Lyon où la métropole a subi une baisse significative dans ses caisses de fonctionnement. Malgré ce contexte difficile, la Banque des Territoires s’est activement engagée en investissant massivement dans le logement social, avec 1,43 milliard d’euros de prêts l’année dernière. Cette initiative a permis l’acquisition et la construction de 11 031 logements sociaux ainsi que la réhabilitation de 11 121 autres. Pour répondre à cette crise majeure, la banque a également mis en place diverses mesures d’accompagnement pour soutenir les bailleurs sociaux, telles que des prêts à taux négatifs et des titres participatifs pour renforcer leur capital temporairement. En outre, elle a développé des outils financiers spécifiques tels que les éco-prêts et les prêts haut de bilan pour encourager la construction verte dans le secteur du logement social.
Élus prêts à investir pour l’avenir
Les collectivités ont pu déterminer les projets nécessaires pour leur territoire à mi-mandat. La Banque des Territoires joue un rôle crucial en offrant des prêts compétitifs, notamment basés sur le livret A avec un taux avantageux de 3%. Ceci a conduit à un doublement du volume des financements accordés aux collectivités en un an, atteignant ainsi 154 millions d’euros prêtés. En outre, l’organisme a contribué au financement de projets dédiés à la transformation écologique, s’élevant à 343 millions d’euros.
La période 2024-2025 suivra l’exemple de l’année précédente où les territoires ont massivement investi, bénéficiant du soutien financier crucial de la Banque des Territoires. Cette dernière propose des prêts très prisés par les collectivités locales grâce à ses conditions avantageuses et son taux encore inférieur au marché. Cela offre une perspective favorable pour le moyen terme.
Cette collaboration entre les collectivités locales et la Banque des Territoires met en lumière l’importance croissante du financement dans le développement territorial. Les fonds alloués permettent non seulement de concrétiser les projets identifiés mais également de contribuer activement à la transition écologique, répondant ainsi aux besoins actuels et futurs des territoires français.
La gestion de l’eau, un thème en développement
La Banque des Territoires s’intéresse de plus en plus à la gestion de l’eau, un sujet jugé crucial par les élus locaux. Ils se concentrent sur le petit cycle de l’eau, c’est-à-dire la rénovation des canalisations, dans certaines zones où jusqu’à 50% de fuites sont observées. Cette problématique est d’autant plus importante car les travaux y sont très coûteux. Toutefois, il est prévu que l’attention se tourne davantage vers le grand cycle de l’eau, en tenant compte de son milieu naturel.
Cela permet à la Banque des Territoires d’accorder des prêts sur une durée très étendue, notamment grâce à la fiabilité et la confiance dans le livret A. Ceci lui permet ainsi de financer des projets sur plusieurs décennies sans entrer en concurrence avec d’autres types d’investissements. L’an dernier, 43 prêts ont été accordés pour ce type de projet pour un montant total de 61 millions d’euros.
Un exemple concret est celui du projet d’extension et de renouvellement des infrastructures liées à l’épuration des eaux et du traitement des boues à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). La Banque des Territoires a contribué au financement global estimé à 77 millions d’euros pour ce projet régional en Auvergne-Rhône-Alpes.
Formation et propriété foncière : deux défis importants pour l’industrie
La région Auvergne-Rhône-Alpes dispose d’un tissu industriel important, avec des investissements visant principalement les grosses PME en phase de développement et d’industrialisation. On constate une raréfaction du foncier qui pousse à une gestion plus réfléchie des implantations industrielles, notamment dans la métropole lyonnaise. La Banque des Territoires a engagé des fonds importants pour répondre aux besoins industriels et préserver le foncier pour l’industrie. De plus, la région est fortement concernée par le plan de l’État visant à créer 100 000 emplois dans le secteur nucléaire d’ici 10 ans, ce qui se traduit par des investissements significatifs dans le domaine de la formation aux métiers du nucléaire.
En réponse à ces enjeux, la Région a lancé un dispositif sur le foncier industriel doté d’un budget conséquent afin de mieux répondre aux besoins des industriels tout en préservant jusqu’à 1 900 hectares de foncier pour l’industrie. Parallèlement, la Banque des Territoires a engagé des fonds importants pour soutenir les opérations liées au secteur nucléaire et répondre au plan gouvernemental de création d’emplois.
Ces actions marquent l’intérêt croissant porté par la Banque des Territoires à anticiper les besoins et difficultés spécifiques rencontrés par les entreprises industrielles sur le territoire. Elles soulignent également l’engagement fort de la région Auvergne-Rhône-Alpes envers son tissu industriel et sa position privilégiée dans le secteur énergétique, notamment nucléaire.
