La ville de Rennes Métropole lance une étude sur la surélévation des immeubles pour lutter contre la pression démographique et la crise du logement. Cette initiative vise à préserver les terres agricoles tout en offrant de nouvelles options pour répondre au besoin croissant de logements. Des opérations de surélévation ont déjà été réalisées avec succès, tel que la rénovation d’un bâtiment prévu pour être démoli, qui a finalement accueilli 18 nouveaux logements. La densification douce et la surélévation sont envisagées comme des solutions prometteuses face à la nécessité de créer plus de logements tout en préservant les espaces disponibles. À l’échelle nationale, le gouvernement s’engage également à chercher toutes les possibilités pour pallier à la crise du logement et espère voir sortir 30 000 nouveaux logements d’ici 2027 dans certaines zones spécifiques. En ce qui concerne Rennes et son agglomération, un Programme local de l’habitat a été voté afin de créer 5 000 nouveaux logements par an jusqu’en 2028, alors même que plus de 26 000 demandeurs sont en attente d’un logement social malgré une augmentation du parc existant.
Objectif : 10% de recyclage du bâti d’ici à 2028
Dans le but de trouver des opportunités pour construire de nouveaux étages sur certains immeubles et bâtiments, Rennes Métropole a mandaté la société Upfactor pour réaliser une cartographie en 3D du territoire. Cela concerne principalement le centre-ville de Rennes et les communes avoisinantes telles que Saint-Grégoire, Cesson-Sévigné, Chantepie et Saint-Jacques-de-la-Lande. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Programme Local de l’Habitat (PLH) de Rennes Métropole qui vise à recycler 10% du patrimoine immobilier d’ici à 2028 afin de créer 5000 nouveaux logements par an.
Marc Hervé souligne que la crise du logement et l’objectif zéro artificialisation nette en 2050 sont des priorités sociales et environnementales importantes pour la collectivité. Par ailleurs, avec les données obtenues grâce au plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) ainsi qu’au jumeau numérique de Rennes, Upfactor va scanner le patrimoine immobilier afin d’identifier des espaces propices à la construction.
Après une première analyse cet été, une étude approfondie des zones concernées par la loi SRU (renouvellement urbain) sera menée avant l’automne. Outre la transformation d’anciens bureaux, Rennes Métropole se concentre également sur la reconversion de certaines parties du campus universitaire Beaulieu pour répondre aux besoins croissants en logements dans la région métropolitaine.
Rénovation et création de filière bois
L’étude d’Upfactor va prendre en compte les contraintes architecturales et celles du Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi). La surélévation peut être un déclencheur pour répondre à un modèle de « constructibilité vertueux » et contribuer à la transition énergétique des bâtiments. Il est important de revoir les règles de stationnement en cas de création de logements par surélévation, notamment avec la modification du PLUi actuellement en cours. Les habitations classées E, F ou G seront interdites à la location en 2034, ce qui met l’accent sur l’importance d’améliorer les performances thermiques des bâtiments. La métropole rennaise compte 30% de passoires thermiques, soulignant ainsi le besoin urgent de rénovation énergétique. Par ailleurs, le développement du foncier aérien pourrait contribuer à consolider les nouvelles filières bois ou utilisant des éco-matériaux pour une approche bas-carbone plus durable.
Comparaison des procédures à Strasbourg et Nice
La densification douce par surélévation est mieux acceptée que le remplacement de maisons par des immeubles. Les élus écologistes sont d’accord pour reconstruire la ville en adaptant et modernisant les immeubles tout en restant vigilants à la qualité des logements et au cadre de vie. Ils affirment que le recyclage du bâti est nécessaire pour atteindre les objectifs environnementaux, citant des démarches similaires réalisées dans d’autres villes comme Strasbourg et Nice.
Dans une étude, il a été identifié que 16 500 bâtiments à Rennes et 10% des emprises résidentielles à Nice sont potentiellement surélevables. Cette démarche vise à imaginer la ville en vue de l’horizon 2050, dans le cadre de l’objectif ZAN. Le recyclage urbain est un travail de longue haleine visant à remplir les dents creuses tout en maintenant une certaine modération dans la hauteur des immeubles.
